Enquête : Élise Vincent, une mémoire familiale rétablie
- Mathieu Muraille

- 13 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Tout a commencé par une histoire de famille transmise oralement.
Charlène, membre d’une famille liée à celle de Julien Defay et Augustine Dalivous, m’a sollicité pour l’aider à éclaircir une histoire familiale.
Elle m’a parlé d’une certaine Élise Dalivous, sœur d’Augustine Dalivous, qui serait morte dans un accident de train, sans qu’aucune date ni commune ne soit connue.
La famille évoquait ce drame depuis longtemps, mais aucune trace concrète n’avait été retrouvée dans les registres.
C'est décidé il fallait en savoir davantage, l'enquête commençait.

Premiers constats : l’absence d’Élise dans les archives départementales de la Sarthe.
Je commence donc mon enquête généalogique en recherchant une Élise Dalivous dans la fratrie Dalivous-Vincent. Mais très vite, je constate que rien ne concorde :
Aucun acte de naissance ni de décès au nom d’Élise Dalivous, aucune mention d’elle non plus dans la succession des parents d’Augustine Dalivous, où tous les enfants devraient apparaître.
Je suspecte alors une confusion, fréquente en généalogie : la mémoire familiale peut très bien avoir mélangé les noms ou les générations.
Changement de stratégie : la piste Vincent
Je décide de chercher une Élise Vincent — et c’est là que la lumière se fait.
Je tombe sur un arbre Geneanet mentionnant une Élise Vincent née à Poillé-sur-Vègre en 1886.
Je consulte immédiatement son acte de naissance, qui indique :
Sa naissance le 12 mars 1886 à Poillé-sur-Vègre (Sarthe),
Son mariage en 1910 avec Alphonse Mercier.
J’intègre les noms de ses parents dans mon logiciel de généalogie, et là, la confirmation tombe :
Élise Vincent et Augustine Vincent ont les mêmes parents.
Je comprends alors qu’Élise n’est pas la sœur d’Augustine Dalivous, mais bien sa tante.
La mémoire familiale avait conservé le prénom et l’histoire du décès, mais en attribuant à Élise un nom (Dalivous) et une génération erronés.
Vérification du mari : Alphonse Mercier
Je poursuis mes recherches en étudiant le parcours d’Alphonse Mercier.
Je retrouve son acte de naissance de 1887, également à Poillé-sur-Vègre. Le mariage avec Élise Vincent y figure, mais aucune mention de décès.
Je continue donc avec sa fiche militaire, que je retrouve. Elle mentionne qu’il résidait en Mayenne en 1934.
Dernière pièce du puzzle : l’article de presse
Faisant le lien avec la rumeur familiale d’un accident de train, je me rends sur Retronews.
Je croise plusieurs critères : "Mercier", "Élise", "accident", "Mayenne", "Orne", années 1930…
Et là, je tombe sur un article daté de 1938 relatant un accident ferroviaire à Randonnai (Orne).
Le texte confirme tout :
Alphonse Mercier, né à Poillé-sur-Vègre en 1887,
Son épouse Élise Vincent, née en 1886 dans la même commune,
Tous deux morts dans l’accident d’autorails, peu après s’être installés à Randonnai dans l'Orne.
Conclusion de mon enquête :
Grâce à cette recherche croisée et à la précision des archives, j’ai pu :
Identifier avec certitude Élise Vincent, sœur d’Augustine Vincent, comprendre qu’elle était tante d’Augustine Dalivous, et qu’elle était bien la personne évoquée dans la mémoire familiale, mais sous un nom erroné.
La fameuse Élise "Dalivous" morte dans un accident de train en réalité s’appelait Élise Vincent, née en 1886 à Poillé-sur-Vègre, épouse d’Alphonse Mercier, décédée en 1938 dans l’accident de Randonnai.
Vous comprenez maintenant l'importance de faire appel à un généalogiste expérimenté et intuitif qui saura retracer votre histoire familiale en Sarthe et dans les départements voisins.

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